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Salaire professeur des écoles
Combien gagne vraiment un instituteur en 2026 ?
Janvier 2026
Un professeur des écoles gagne entre 2 100 € net en début de carrière et 3 300 € net en fin de parcours. Ces montants, qui incluent les primes fixes du socle, reflètent la réalité salariale des enseignants du premier degré en 2026 – de la maternelle à l’élémentaire.
En 2025, un professeur gagne en moyenne 2 680 € net / mois (source : Public Sénat).
Fonctionnaire de catégorie A, le professeur des écoles partage la même grille indiciaire que ses collègues du secondaire. Pourtant, sa fiche de paie diffère : moins d’heures supplémentaires disponibles, des primes spécifiques comme l’ISAE, et un point d’indice gelé depuis juillet 2023. Pour comprendre les mécanismes généraux de la rémunération dans la fonction publique, consultez notre dossier sur le [salaire des fonctionnaires](lien vers /salaires/fonctionnaire/).
Grilles indiciaires, primes, évolution de carrière : voici tout ce qu’il faut savoir sur le salaire des professeurs des écoles.
Combien gagne un professeur des écoles en 2026 ?
Place aux chiffres concrets. Combien reste-t-il réellement sur le compte bancaire d’un (ou d’une) instit’ à la fin du mois ? Les montants qui suivent intègrent le traitement indiciaire et les primes fixes du socle – ISAE et prime d’attractivité notamment. Ils excluent en revanche le Pacte enseignant et les heures supplémentaires, peu répandus dans le premier degré.
Les fourchettes de salaire net
Un professeur des écoles stagiaire perçoit entre 1 800 et 1 900 € net par mois durant son année de formation. La titularisation fait franchir un cap : le jeune enseignant atteint alors environ 2 100 € net mensuels, primes comprises. Ce seuil des 2 000 €, longtemps promis par les gouvernements successifs, est désormais atteint grâce aux revalorisations intervenues en 2023.
La progression s’étire ensuite sur plusieurs décennies. Après dix ans d’exercice, un PE se situe aux alentours de 2 400 € net. À vingt ans de carrière, la barre des 2 900 € net est généralement franchie. Les dernières années récompensent la fidélité au service public : un professeur des écoles en fin de classe normale peut prétendre à 3 300 € net, voire davantage s’il a accédé à la hors classe ou à la classe exceptionnelle.
Ce que comprennent ces montants
Ces salaires nets intègrent deux composantes : le traitement indiciaire, calculé à partir du point d’indice, et les primes automatiques versées à tous les enseignants devant élèves. L’ISAE (indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves) représente à elle seule 212 € brut par mois. La prime d’attractivité, dégressive selon l’ancienneté, bonifie les premières années de carrière.
En revanche, ces estimations n’incluent ni les indemnités liées à l’éducation prioritaire (REP, REP+), ni les missions facultatives du Pacte enseignant, ni les éventuelles fonctions de direction. Autant de leviers qui peuvent sensiblement gonfler la fiche de paie – mais qui concernent une minorité d’enseignants du premier degré.
Tableau récapitulatif : salaire net d’un professeur des écoles en 2026
| Ancienneté | Salaire net mensuel estimé |
|---|---|
| Stagiaire | 1 800 – 1 900 € |
| Titulaire débutant (T1) | ~ 2 100 € |
| 10 ans d’ancienneté | ~ 2 400 € |
| 20 ans d’ancienneté | ~ 2 900 € |
| Fin de carrière (classe normale) | ~ 3 300 € |
| Fin de carrière (hors classe) | 3 400 – 3 500 € |
Montants incluant les primes fixes (socle). Hors Pacte enseignant, REP/REP+ et indemnités de direction.
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Professeur des écoles – Année 2026
L'échelon sera estimé automatiquement en classe normale.
Salaire d’un professeur des écoles selon l’ancienneté
La carrière d’un enseignant du premier degré s’étend sur plusieurs décennies, jalonnée d’échelons successifs qui font progresser mécaniquement la rémunération. Du stage initial jusqu’aux dernières années d’exercice, retour détaillé sur chaque étape de ce parcours salarial.
Salaire d’un professeur des écoles stagiaire
L’entrée dans le métier s’effectue par une année de stage, généralement à mi-temps devant élèves et mi-temps en formation à l’INSPE. Durant cette période probatoire, le futur titulaire est classé à l’échelon 1, correspondant à l’indice majoré 395.
Son traitement brut s’élève à environ 1 944 € par mois. Une fois les cotisations sociales prélevées et les primes du socle ajoutées, le salaire net oscille entre 1 800 et 1 900 € selon la situation personnelle et la zone géographique d’affectation. Certaines académies proposent désormais un stage à temps plein devant élèves, avec une rémunération légèrement supérieure.
À l’issue de cette année, une prime d’entrée dans le métier de 1 500 € brut est versée en deux fois aux enseignants nouvellement titularisés – un coup de pouce bienvenu pour accompagner l’installation dans la vie professionnelle.
Salaire d’un professeur des écoles débutant
La titularisation marque un tournant. Le jeune professeur des écoles accède à l’échelon 2, avec un indice majoré de 446. Son traitement indiciaire brut passe à environ 2 196 € mensuels.
Avec les primes automatiques – ISAE et prime d’attractivité en tête –, le salaire net atteint désormais 2 100 € environ. Ce seuil symbolique, longtemps inaccessible aux enseignants débutants, a été franchi grâce aux revalorisations du « socle » intervenues en 2023. La prime d’attractivité, particulièrement généreuse sur les premiers échelons, contribue largement à ce résultat.
Le passage à l’échelon 3 intervient après un an de titularisation, puis la progression se poursuit au rythme d’un échelon tous les deux à trois ans environ.
Salaire en milieu de carrière
Après une dizaine d’années d’exercice, un professeur des écoles atteint généralement les échelons 6 à 8 de la classe normale. L’indice majoré progresse significativement : de 478 à l’échelon 6 jusqu’à 546 à l’échelon 8.
Le traitement brut correspondant s’échelonne entre 2 353 € et 2 688 € par mois. Primes incluses, le salaire net se situe dans une fourchette de 2 300 à 2 600 €. La prime d’attractivité, dégressive, s’amenuise au fil des échelons pour disparaître complètement à partir de l’échelon 8.
C’est souvent à ce stade que certains enseignants du premier degré envisagent des responsabilités complémentaires – direction d’école, maître formateur, conseiller pédagogique – pour dynamiser leur rémunération au-delà de la seule progression indiciaire.
Salaire d’un professeur des écoles en fin de carrière
Les derniers échelons de la classe normale (9 à 11) récompensent les années de service accumulées. À l’échelon 11, terminal de ce grade, l’indice majoré atteint 673, soit un traitement brut de 3 313 € environ.
Le salaire net correspondant avoisine 3 200 à 3 300 € mensuels, primes fixes comprises. Les enseignants ayant accédé à la hors classe bénéficient d’une grille élargie : l’échelon terminal de ce grade (indice 783) permet d’atteindre 3 400 à 3 500 € net. Quant à la classe exceptionnelle, elle ouvre des perspectives plus avantageuses encore pour les parcours les plus remarquables.
Tableau détaillé : salaire net selon l’ancienneté et l’échelon
| Situation | Échelon | Indice majoré | Salaire net estimé |
|---|---|---|---|
| Stagiaire | 1 | 395 | 1 800 – 1 900 € |
| Titulaire T1 | 2 | 446 | ~ 2 100 € |
| 5 ans | 4-5 | 461-478 | 2 200 – 2 300 € |
| 10 ans | 6-7 | 495-519 | 2 350 – 2 500 € |
| 15 ans | 8-9 | 557-595 | 2 550 – 2 700 € |
| 20 ans | 9-10 | 595-634 | 2 700 – 2 900 € |
| Fin de carrière (CN) | 11 | 673 | ~ 3 300 € |
| Fin de carrière (HC) | 7 | 783 | 3 400 – 3 500 € |
CN = classe normale. HC = hors classe. Salaires nets mensuels estimés, primes fixes incluses.
Grille indiciaire des professeurs des écoles en 2026
La grille indiciaire constitue le squelette de la rémunération dans la fonction publique. Pour les professeurs des écoles, elle se décline en trois grades successifs : classe normale, hors classe et classe exceptionnelle. Chaque échelon correspond à un indice majoré qui détermine le traitement brut mensuel.
Pour calculer ce traitement, une formule unique s’applique à tous les fonctionnaires : indice majoré × 4,92278 €. Cette valeur du point d’indice, gelée depuis juillet 2023, reste inchangée en 2026. Pour comprendre en détail ce mécanisme, consultez notre dossier sur le [salaire des fonctionnaires](lien vers /salaires/fonctionnaire/).
Classe normale : les 11 échelons
La classe normale constitue le grade d’entrée des professeurs des écoles titulaires. Elle comprend 11 échelons, que l’enseignant gravit progressivement au fil de sa carrière. La durée de séjour dans chaque échelon varie de un à quatre ans selon le niveau atteint.
| Échelon | Indice majoré | Durée de séjour | Traitement brut mensuel |
|---|---|---|---|
| 1 | 395 | 1 an | 1 944 € |
| 2 | 446 | 1 an | 2 196 € |
| 3 | 457 | 2 ans | 2 250 € |
| 4 | 468 | 2 ans | 2 304 € |
| 5 | 480 | 2 ans 6 mois | 2 363 € |
| 6 | 495 | 3 ans | 2 437 € |
| 7 | 519 | 3 ans | 2 555 € |
| 8 | 557 | 3 ans | 2 742 € |
| 9 | 595 | 3 ans | 2 929 € |
| 10 | 634 | 4 ans | 3 121 € |
| 11 | 673 | – | 3 313 € |
Traitement brut mensuel hors primes et indemnités. Valeur du point d’indice : 4,92278 €.
Un professeur des écoles parcourt l’intégralité de cette grille en environ 26 ans, à condition de ne bénéficier d’aucune accélération de carrière. L’échelon 11, terminal de la classe normale, représente le plafond pour ceux qui n’accèdent pas aux grades supérieurs.
Hors classe et classe exceptionnelle
Au-delà de la classe normale, deux grades permettent de prolonger la progression salariale. Leur accès n’est toutefois pas automatique : il dépend de critères d’ancienneté, d’évaluation professionnelle et de contingentement des postes.
La hors classe s’ouvre aux professeurs des écoles justifiant d’au moins deux ans d’ancienneté dans le 9e échelon de la classe normale. Elle compte 7 échelons, avec des indices majorés sensiblement plus avantageux.
| Échelon | Indice majoré | Traitement brut mensuel |
|---|---|---|
| 1 | 590 | 2 904 € |
| 2 | 625 | 3 077 € |
| 3 | 660 | 3 249 € |
| 4 | 695 | 3 421 € |
| 5 | 730 | 3 594 € |
| 6 | 763 | 3 756 € |
| 7 | 821 | 4 042 € |
La classe exceptionnelle, plus sélective encore, récompense les parcours les plus remarquables. Elle est accessible aux enseignants ayant exercé des fonctions particulières : direction d’école, maître formateur, conseiller pédagogique, affectation prolongée en éducation prioritaire. Son échelon terminal culmine à l’indice majoré 972, soit un traitement brut de près de 4 785 €.
| Échelon | Indice majoré | Traitement brut mensuel |
|---|---|---|
| 1 | 735 | 3 618 € |
| 2 | 783 | 3 855 € |
| 3 | 830 | 4 086 € |
| 4 | 881 | 4 337 € |
| 5 (HEA) | 972 | 4 785 € |
HEA = échelon spécial à accès fonctionnel.
Ces grades supérieurs transforment significativement la fiche de paie. Un professeur des écoles en hors classe terminale perçoit environ 3 400 € net par mois, contre 3 300 € en classe normale. L’écart se creuse davantage pour ceux qui atteignent la classe exceptionnelle.
Primes et indemnités
Le traitement indiciaire ne représente qu’une partie de la rémunération des enseignants du premier degré. Sur ce socle viennent se greffer plusieurs primes et indemnités, certaines automatiques, d’autres liées à des situations particulières. Ces compléments peuvent représenter plusieurs centaines d’euros mensuels et méritent d’être détaillés.
L’ISAE : indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves
L’ISAE constitue la prime phare des professeurs des écoles. Créée pour compenser l’absence d’heures supplémentaires dans le premier degré, elle récompense le travail de suivi individualisé des élèves, les relations avec les familles et la participation aux conseils d’école.
Son montant a été doublé en 2023 dans le cadre des revalorisations du « socle ». Il s’élève désormais à 2 550 € brut par an, soit environ 212 € brut mensuels. Tous les professeurs des écoles exerçant devant élèves la perçoivent, qu’ils soient titulaires ou contractuels.
À noter : l’ISAE est l’équivalent, pour le premier degré, de l’ISOE (indemnité de suivi et d’orientation des élèves) versée aux enseignants du [secondaire](lien vers /salaire-professeur-college-lycee/). Les montants sont identiques depuis l’harmonisation de 2023.
La prime d’attractivité
Instaurée dans le cadre du « Grenelle de l’éducation », la prime d’attractivité vise à rendre les premières années de carrière plus soutenables financièrement. Son montant est dégressif : plus l’enseignant avance dans les échelons, moins elle est élevée.
| Échelon | Montant annuel brut |
|---|---|
| 1 (stagiaire) | 2 400 € |
| 2 | 2 219 € |
| 3 | 2 088 € |
| 4 | 1 908 € |
| 5 | 1 548 € |
| 6 | 846 € |
| 7 | 657 € |
| 8 et au-delà | 0 € |
Cette prime disparaît donc totalement à partir de l’échelon 8, généralement atteint après une quinzaine d’années de carrière. Pour un enseignant débutant, elle représente environ 200 € brut mensuels – un complément non négligeable qui contribue à franchir le seuil des 2 000 € net.
La prime d’équipement informatique
Depuis 2021, tous les enseignants perçoivent une prime destinée à financer l’acquisition et l’entretien de leur matériel informatique personnel. Son montant est fixé à 176 € net par an, versé généralement en février.
Cette indemnité reconnaît la place croissante du numérique dans le quotidien des professeurs des écoles : préparation des cours, utilisation des espaces numériques de travail, communication avec les familles via les applications dédiées.
Les indemnités REP et REP+
Les professeurs des écoles affectés en réseau d’éducation prioritaire bénéficient d’indemnités spécifiques, destinées à compenser les sujétions particulières liées à l’exercice en zone difficile.
En REP (réseau d’éducation prioritaire), l’indemnité s’élève à 1 734 € brut par an, soit environ 144 € mensuels.
En REP+ (réseau renforcé), le montant grimpe significativement :
- Part fixe : 5 114 € brut par an (environ 426 € mensuels)
- Part variable : jusqu’à 702 € brut supplémentaires selon les résultats collectifs de l’établissement
Pour un professeur des écoles exerçant en REP+, ces indemnités représentent un gain potentiel de plus de 400 € net par mois – un levier puissant pour ceux qui acceptent les défis de l’éducation prioritaire.
Autres indemnités
Plusieurs compléments viennent s’ajouter selon les fonctions exercées ou la situation géographique.
L’indemnité de direction récompense les enseignants assumant la responsabilité d’une école. Son montant varie selon la taille de l’établissement :
- École de 1 à 4 classes : environ 1 800 € brut/an
- École de 5 à 9 classes : environ 2 400 € brut/an
- École de 10 classes et plus : environ 3 000 € brut/an
L’indemnité de résidence compense les disparités du coût de la vie selon les territoires. Trois zones existent : la zone 1 (grandes agglomérations) ouvre droit à 3 % du traitement, la zone 2 à 1 %, tandis que la zone 3 ne génère aucune indemnité.
Le supplément familial de traitement (SFT) bénéficie aux enseignants ayant au moins un enfant à charge, avec un montant progressif selon le nombre d’enfants.
Tableau récapitulatif des primes
| Prime / Indemnité | Montant brut annuel | Bénéficiaires |
|---|---|---|
| ISAE | 2 550 € | Tous les PE devant élèves |
| Prime d’attractivité | 657 € à 2 400 € | Échelons 1 à 7 |
| Prime d’équipement informatique | 176 € (net) | Tous les enseignants |
| Indemnité REP | 1 734 € | Affectation en éducation prioritaire |
| Indemnité REP+ (part fixe) | 5 114 € | Affectation en REP+ |
| Indemnité de direction | 1 800 € à 3 000 € | Directeurs d’école |
Montants bruts annuels, sauf mention contraire.
Professeur des écoles vs professeur du secondaire : quelles différences de salaire ?
Une question revient souvent dans les salles des maîtres comme sur les forums de futurs enseignants : les professeurs des écoles gagnent-ils moins que leurs collègues du collège et du lycée ? La réponse mérite quelques nuances.
Une grille indiciaire identique
Premier constat, souvent méconnu : les professeurs des écoles et les professeurs certifiés partagent exactement la même grille indiciaire. Un PE à l’échelon 6 et un professeur de mathématiques au collège au même échelon perçoivent un traitement de base strictement identique. Cette parité, acquise en 1989 lors de la création du corps des professeurs des écoles, a mis fin à l’ancienne distinction entre instituteurs et professeurs du secondaire.
Les primes du socle ont également été harmonisées. Depuis 2023, l’ISAE (premier degré) et l’ISOE part fixe (second degré) s’élèvent toutes deux à 2 550 € brut par an. La prime d’attractivité obéit aux mêmes barèmes, quel que soit le niveau d’enseignement.
Sur le papier, donc, l’égalité salariale est respectée.
Des écarts qui se creusent dans la pratique
C’est dans les à-côtés que la différence se joue. Plusieurs mécanismes permettent aux enseignants du secondaire de bonifier leur fiche de paie – des leviers largement absents dans le premier degré.
Les heures supplémentaires annualisées (HSA) constituent le premier facteur d’écart. Dans les collèges et lycées, la plupart des professeurs effectuent une à deux HSA, parfois davantage. Chaque heure supplémentaire représente environ 1 400 € brut par an pour un certifié. Un enseignant du secondaire cumulant deux HSA gagne ainsi près de 230 € net de plus par mois. Dans le premier degré, cette possibilité n’existe pratiquement pas : le temps de service des PE est organisé différemment, sans marge pour des heures supplémentaires régulières.
La prime de professeur principal récompense les enseignants assumant le suivi d’une classe. Elle oscille entre 1 308 € et 1 497 € brut par an selon le niveau. Les professeurs des écoles, qui suivent pourtant leur classe unique toute l’année, ne bénéficient pas de cette indemnité.
Le Pacte enseignant, instauré en 2023, a trouvé un écho plus favorable dans le secondaire. Remplacements de courte durée, « devoirs faits », soutien scolaire : ces missions rémunérées 1 250 € brut l’unité sont plus faciles à organiser dans les établissements du second degré. Dans les écoles primaires, la logistique se révèle plus complexe et l’adhésion des enseignants reste limitée.
Un écart estimé de 200 à 400 € net par mois
En cumulant ces différents éléments, un professeur certifié du secondaire peut percevoir 200 à 400 € net de plus qu’un professeur des écoles à ancienneté équivalente. L’écart se creuse davantage avec les professeurs agrégés, dont la grille indiciaire est supérieure dès le départ.
Pour approfondir la rémunération dans le second degré, consultez notre dossier [salaire professeur collège et lycée](lien vers /salaire-professeur-college-lycee/). Les enseignants du supérieur obéissent quant à eux à un régime distinct, détaillé dans notre article sur le [salaire des professeurs d’université](lien vers /salaire-professeur-universite/).
Une vue d’ensemble de la rémunération tous corps confondus est disponible dans notre page pilier consacrée au [salaire des enseignants](lien vers /salaires/fonctionnaire/salaire-enseignant/).
Une situation qui nourrit le débat
Cette disparité de fait, à grille égale, alimente régulièrement les revendications syndicales. Les organisations du premier degré réclament des compensations spécifiques : création d’heures supplémentaires pour les PE, revalorisation de l’ISAE au-delà de l’ISOE, meilleure reconnaissance des tâches périphériques (préparation, correction, relation aux familles). Pour l’heure, aucune mesure structurelle n’est annoncée.
Comment augmenter son salaire de professeur des écoles ?
Dans un contexte de gel prolongé du point d’indice, quels leviers restent accessibles aux enseignants du premier degré pour voir leur rémunération progresser ? Entre mécanismes automatiques et choix de carrière, plusieurs pistes méritent d’être explorées.
L’avancement d’échelon : une progression automatique
Premier moteur de hausse salariale, l’avancement d’échelon s’opère de manière quasi mécanique. À mesure que les années s’accumulent, le professeur des écoles gravit les barreaux de sa grille indiciaire, passant d’un indice majoré à un indice supérieur.
La durée de séjour dans chaque échelon varie de un à quatre ans selon le niveau atteint. Cette progression, inscrite dans les textes statutaires, ne dépend ni de l’évaluation hiérarchique ni du bon vouloir de l’administration. Elle récompense simplement la fidélité au métier.
Concrètement, un PE voit son traitement passer d’environ 1 944 € brut en début de carrière à plus de 3 300 € brut à l’échelon terminal de la classe normale – sans autre effort que celui de rester en poste. Sur une carrière complète, cette progression automatique représente un gain de près de 1 400 € brut mensuels.
L’accès à la hors classe et à la classe exceptionnelle
L’avancement de grade constitue une marche plus haute à franchir. Contrairement à l’échelon, il ne s’obtient pas automatiquement : l’administration sélectionne, au regard de critères définis, les enseignants méritant d’accéder au grade supérieur.
La hors classe devient accessible après deux ans d’ancienneté dans le 9e échelon de la classe normale. L’évaluation professionnelle, formalisée lors des rendez-vous de carrière, joue un rôle déterminant. Les avis « excellent » ou « très satisfaisant » favorisent une promotion plus rapide.
Le passage en hors classe représente un gain potentiel de 200 à 300 € net par mois en fin de parcours. L’échelon terminal de ce grade (indice 821) dépasse sensiblement celui de la classe normale (indice 673).
La classe exceptionnelle, plus sélective encore, cible les parcours remarquables. Elle est réservée aux professeurs des écoles ayant exercé des fonctions particulières pendant au moins huit ans : direction d’école, maître formateur, conseiller pédagogique, affectation en éducation prioritaire. Son accès reste contingenté, mais les perspectives salariales sont attractives pour ceux qui y parviennent.
Les missions spécifiques : direction d’école, affectation en REP+
Au-delà de l’avancement statutaire, certains choix de carrière permettent de bonifier significativement sa fiche de paie.
La direction d’école représente le levier le plus accessible. L’indemnité de direction, comprise entre 1 800 € et 3 000 € brut par an selon la taille de l’établissement, s’ajoute au traitement. Elle s’accompagne d’une décharge partielle ou totale d’enseignement selon le nombre de classes. Pour les enseignants appréciant les responsabilités administratives et le pilotage d’équipe, cette fonction offre un complément appréciable – de l’ordre de 150 à 250 € net mensuels.
L’affectation en éducation prioritaire constitue un autre accélérateur. Les indemnités REP+ peuvent atteindre plus de 5 800 € brut par an, soit 400 € net supplémentaires chaque mois. Ces postes, souvent vacants, offrent également des conditions d’accès facilitées à la classe exceptionnelle après huit années d’exercice.
Les fonctions de maître formateur ou de conseiller pédagogique ouvrent d’autres perspectives, avec des indemnités spécifiques et une diversification des missions. Elles constituent également un tremplin vers l’inspection ou d’autres corps de l’Éducation nationale.
Un arbitrage personnel
Chaque levier implique un engagement supplémentaire : responsabilités accrues, charge de travail élargie, contexte d’exercice plus exigeant. L’arbitrage entre temps et argent appartient à chaque enseignant, selon sa situation personnelle et ses aspirations professionnelles. Mais dans un système où le point d’indice stagne, ces choix de carrière restent les principaux moteurs d’une rémunération dynamique.
Contexte et perspectives 2026
Après les revalorisations de 2023, quel horizon salarial se dessine pour les enseignants du premier degré ? Les signaux envoyés par le gouvernement et les arbitrages budgétaires permettent d’esquisser les contours d’une année 2026 sans grande surprise – ni bonne, ni mauvaise.
Un point d’indice gelé depuis trois ans
La valeur du point d’indice reste bloquée à 4,92278 € depuis le 1er juillet 2023. Après deux revalorisations consécutives en 2022 (+3,5 %) et 2023 (+1,5 %), le thermomètre s’est figé. Aucune augmentation n’est intervenue en 2024, et les projections budgétaires confirment la poursuite de ce gel en 2025 comme en 2026.
Les cinq points d’indice accordés en janvier 2024 – soit environ 25 € brut mensuels – n’ont pas suffi à inverser la tendance. Pour les organisations syndicales, l’érosion du pouvoir d’achat des fonctionnaires atteindrait 31,5 % sur vingt-cinq ans, conséquence directe des périodes de gel successives face à une inflation cumulée.
Des marges budgétaires inexistantes
Le contexte des finances publiques laisse peu de place à l’optimisme. L’objectif gouvernemental de ramener le déficit public à 4,7 % du PIB impose une rigueur qui pèse sur les dépenses de personnel.
Signe révélateur : le ministère de l’Éducation nationale a annoncé la suppression de 4 000 postes d’enseignants à la rentrée 2025. Dans ce climat de restrictions, les marges pour de nouvelles revalorisations salariales apparaissent quasi inexistantes.
Autre mauvaise nouvelle : la GIPA (garantie individuelle du pouvoir d’achat), ce dispositif qui compensait partiellement la perte de pouvoir d’achat sur quatre ans, a été supprimée en 2024. Elle ne sera pas rétablie.
Quels leviers pour les professeurs des écoles ?
Face à cette situation figée, le gouvernement mise sur le maintien des mesures « socle » de 2023 et sur l’avancement de carrière pour permettre aux enseignants de voir leur rémunération progresser.
Pour les professeurs des écoles, les seules hausses garanties restent donc :
- L’avancement d’échelon automatique, qui intervient tous les deux à quatre ans
- L’accès aux grades supérieurs (hors classe, classe exceptionnelle) pour ceux qui remplissent les conditions
- Les indemnités liées aux fonctions spécifiques (direction, REP+)
Le Pacte enseignant, présenté comme un levier de complément, peine à convaincre dans le premier degré. Les missions proposées s’intègrent difficilement dans l’organisation des écoles primaires, et le taux d’adhésion reste faible comparé au secondaire.
Pour un décryptage complet des mécanismes de rémunération et des perspectives budgétaires dans la fonction publique, consultez notre dossier sur le [salaire des fonctionnaires](lien vers /salaires/fonctionnaire/).
À retenir
- Salaire d'un professeur des écoles débutant : ~2 100 € net par mois, primes du socle incluses.
- Salaire en fin de carrière : 3 300 € à 3 500 € net selon le grade atteint (classe normale ou hors classe).
- Point d'indice : 4,92278 €, gelé depuis juillet 2023 et jusqu'en 2026.
- ISAE : 2 550 € brut par an, soit 212 € brut mensuels pour tous les PE devant élèves.
- Prime d'attractivité : de 657 € à 2 400 € brut par an selon l'échelon (échelons 1 à 7 uniquement).
- Indemnités REP/REP+ : jusqu'à 5 800 € brut par an en éducation prioritaire renforcée.
- Progression salariale : avancement d'échelon (automatique) et accès à la hors classe ou classe exceptionnelle.
FAQ
Questions fréquentes sur le salaire de professeur des écoles
Pour en savoir plus, consultez notre dossier sur le salaire des enseignants.
Pour comprendre en détail ce mécanisme, consultez notre dossier sur le salaire des fonctionnaires.
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Sources
- https://www.education.gouv.fr/la-remuneration-des-enseignants-7565
- https://www.fonction-publique.gouv.fr/etre-agent-public/ma-remuneration/connaitre-le-point-dindice
- https://www.vie-publique.fr/en-bref/299897-enseignants-titulaires-un-salaire-moyen-de-2920-euros-net
- https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F34231
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L'essentiel à retenir : La distinction fondamentale entre récompense transactionnelle et reconnaissance relationnelle échappe encore à trop d'organisations, laissant 40 % des employés face à des gestes jugés vides de sens. Bâtir une véritable culture de la gratitude,...
Hauts potentiels RH : détecter et fidéliser vos leaders
L'essentiel à retenir : Le statut de haut potentiel dépasse la simple performance pour allier habileté, engagement et aspiration au leadership. Identifier ces profils via une calibration objective permet de sécuriser la relève stratégique. Faute de défis sur-mesure...
« Entretiens de rétention : 15 questions clés pour anticiper les départs »
L'essentiel à retenir : véritable antidote à l'autopsie stérile qu'est l'entretien de départ, l'entretien de rétention s'impose comme une démarche proactive pour désamorcer les démissions. En sondant les motivations profondes via des questions ciblées sur la...
Management hybride : concilier performance et bien-être
L'essentiel à retenir : Plus qu'un simple aménagement logistique, le management hybride impose une rupture culturelle majeure substituant la confiance au contrôle visuel obsolète. Cette transition vers une obligation de résultats, cruciale pour les 22 % de salariés...
Pénurie de talents industriels : un process simple pour réduire les no-show
La pénurie de talents industriels continue de s’intensifier en France, touchant aussi bien les métiers de production que les fonctions techniques et d’ingénierie. Dans ce contexte, les entreprises doivent non seulement attirer les candidats, mais aussi sécuriser leur...
Plan de succession RH : 7 étapes pour assurer la pérennité de votre entreprise
L'essentiel à retenir : Plus qu'un simple remplacement hiérarchique, le plan de succession assure la sécurisation des compétences critiques de l'entreprise. Cette démarche d'anticipation en sept étapes prévient la paralysie opérationnelle en préparant activement la...
Coffre-fort numérique : la solution essentielle pour sécuriser les données sensibles des collaborateurs
À l’ère où la transition numérique s’accélère, protéger les informations professionnelles et personnelles devient un enjeu majeur pour les entreprises. Bulletins de paie, contrats de travail, bilans sociaux individuels, ... autant de documents sensibles exposés aux...
Congé solidaire et mécénat de compétences : engager vos collaborateurs dans des missions humanitaires
L'essentiel à retenir : mécénat de compétences constitue un prêt de main-d'œuvre sur le temps de travail, alors que le congé solidaire implique un engagement personnel durant les vacances. Ces dispositifs, strictement encadrés, dépassent la simple philanthropie pour...
Turnover des intérimaires : 7 leviers concrets pour stabiliser vos équipes
En bref En France, l'intérim reste un baromètre de l'activité : autour de 705 600 intérimaires au T3 2025 (soit 2,6 % des salariés), mais en léger repli sur un an. Sur le terrain, faute de « taux de turnover » public consolidé, l'instabilité se lit surtout via des...
Management agile : adapter les méthodes Scrum et Kanban aux RH
L'essentiel à retenir : face à l'inertie bureaucratique des modèles traditionnels, l'adoption des cadres Scrum et Kanban s'impose comme le levier indispensable pour redonner de l'agilité à la fonction RH. Cette transformation méthodologique permet de substituer une...
Cabinet de recrutement Nantes : le guide complet 2026
Nantes s'impose comme l'une des métropoles les plus dynamiques de France. Entre industrie navale, écosystème numérique en pleine effervescence et filières agroalimentaires d'excellence, la capitale des Pays de la Loire attire chaque année des milliers de talents....
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Quelle est l’image de votre entreprise auprès de vos salariés et de vos candidats potentiels? Quelle stratégie pour l’améliorer?
Gestion des Temps
Pilier central en Ressources Humaines, la GTA vise à planifier, suivre et optimiser le temps de travail des collaborateurs.
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Comment choisir votre jobboard? Quels sont les meilleurs sites de recrutement en 2024?
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IA, contraintes écologiques, évolutions réglementaires… Le monde bouge vite. Pour les RH, cela implique d’anticiper plus que jamais. Une bonne stratégie GPEC est indispensable.
Logiciels RH
Les logiciels RH automatisent la gestion des ressources humaines, facilitant le recrutement, la paie et les évaluations de performance.












