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Salaire fonctionnaire : combien gagnent vraiment les agents de la fonction publique ?
Janvier 2026
Avec 5,8 millions d’agents (fin 2023), la fonction publique française emploie près d’un salarié sur cinq.
Leur salaire net moyen ? 2 652 euros net par mois.
Mais ce chiffre, aussi parlant soit-il, masque des réalités très contrastées. Entre un professeur des écoles débutant, une infirmière hospitalière en milieu de carrière et un attaché territorial confirmé, les écarts de rémunération se comptent en centaines d’euros. Point d’indice, grilles indiciaires, primes variables : le système de rémunération des fonctionnaires obéit à des mécanismes qu’il convient de décrypter pour en saisir toutes les nuances.
Fonction publique française : trois versants, trois réalités salariales
Avant de plonger dans les méandres des grilles indiciaires et des bulletins de paie, un détour par l’architecture de la fonction publique s’impose. Car derrière l’appellation générique de « fonctionnaire » se cachent des univers professionnels aux logiques – et aux rémunérations – bien distinctes.
État, territoriale, hospitalière : qui sont les 5,8 millions d’agents publics ?
La fonction publique française se déploie en trois versants, chacun répondant à des missions et des employeurs différents.
La fonction publique d’État (FPE) rassemble 2,5 millions d’agents, soit 45 % des effectifs totaux. Ces femmes et ces hommes œuvrent au sein des ministères, des administrations centrales et des services déconcentrés. Enseignants, policiers, magistrats, agents des impôts : ils incarnent l’État sur l’ensemble du territoire. C’est dans ce versant que l’on observe les salaires nets moyens les plus élevés, avec 2 886 euros mensuels.
La fonction publique territoriale (FPT) compte 1,9 million d’agents, représentant 34 % du total. Ils travaillent pour les communes, départements, régions et intercommunalités. Agents administratifs, techniciens, ATSEM, policiers municipaux ou encore sapeurs-pompiers professionnels composent cette mosaïque. Avec un salaire net moyen de 2 254 euros, ce versant affiche les rémunérations les plus modestes – reflet d’une proportion importante de catégorie C dans ses effectifs.
La fonction publique hospitalière (FPH) emploie 1,2 million d’agents (21 % du total) au sein des hôpitaux publics, EHPAD et établissements médico-sociaux. Infirmiers, aides-soignants, personnels administratifs et techniques y exercent. Le salaire net moyen s’établit à 2 842 euros, porté notamment par les revalorisations du Ségur de la santé depuis 2020.
Catégories A, B et C : une hiérarchie qui structure les salaires
Au-delà des versants, une autre grille de lecture structure les rémunérations : les catégories hiérarchiques.
La catégorie A regroupe 39 % des fonctionnaires. Ces agents exercent des fonctions de conception, de direction et d’encadrement supérieur. Recrutés au minimum à Bac+3, ils occupent des postes de professeurs, attachés, ingénieurs ou médecins. Sans surprise, leurs traitements figurent parmi les plus élevés de la fonction publique.
La catégorie B représente 22 % des effectifs. Ces agents assurent des missions d’application et d’encadrement intermédiaire. Techniciens, contrôleurs, rédacteurs ou éducateurs spécialisés accèdent à ces corps et cadres d’emplois avec un niveau Bac à Bac+2.
La catégorie C, enfin, rassemble 39 % des agents publics. Dédiée aux fonctions d’exécution, elle recrute du niveau BEP/CAP jusqu’au baccalauréat, voire sans diplôme pour certains concours. Adjoints administratifs, agents d’entretien, ATSEM ou ouvriers : leurs salaires d’entrée avoisinent le SMIC, avec un indice majoré plancher de 366 correspondant à 1 801,73 euros brut.
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Le point d’indice : clé de voûte du salaire des fonctionnaires
Si la rémunération des agents publics paraît souvent opaque, elle repose pourtant sur un mécanisme d’une logique implacable. Au cœur de cette mécanique, une variable déterminante : le point d’indice. Comprendre son fonctionnement, c’est détenir la clé de lecture de tout bulletin de paie dans la fonction publique.
Valeur du point d’indice en 2025 : où en est-on ?
Le point d’indice constitue l’unité de base servant au calcul du traitement des fonctionnaires. Sa valeur, fixée par décret gouvernemental, s’applique uniformément aux trois versants de la fonction publique.
En 2025, cette valeur s’établit à 4,92278 euros (valeur mensuelle brute), inchangée depuis le 1er juillet 2023. Rapportée à l’année, elle correspond à 5 907,34 euros pour l’indice majoré 100.
L’historique récent témoigne d’une certaine volatilité. Après des années de gel, le point d’indice a bénéficié d’une revalorisation de 3,5 % en juillet 2022, suivie d’une hausse de 1,5 % en juillet 2023. Depuis ? Le thermomètre s’est figé. Aucune augmentation n’est intervenue en 2024, et le budget 2025 comme les perspectives 2026 confirment la poursuite de ce gel.
Comment calculer son traitement indiciaire ?
La formule de calcul du traitement brut mensuel tient en une équation simple :
(Indice majoré × 5 907,34) ÷ 1 200 = Traitement indiciaire brut mensuel
Prenons un exemple concret. Un agent classé à l’indice majoré 500 percevra un traitement indiciaire brut de (500 × 5 907,34) ÷ 1 200, soit 2 461,39 euros par mois.
À l’autre bout de l’échelle, le traitement minimum dans la fonction publique correspond à l’indice majoré 366 (catégorie C, échelon 1). Il s’élève à 1 801,73 euros brut, un montant automatiquement aligné sur le SMIC lorsque celui-ci dépasse ce seuil. Avec la revalorisation du SMIC à 1 821,48 euros brut en janvier 2026, un ajustement sera donc nécessaire.
Gel du point d’indice : quel impact sur le pouvoir d’achat ?
Le maintien du point d’indice à son niveau de 2023 représente une économie estimée à 3 milliards d’euros pour les finances publiques. Mais cette rigueur budgétaire pèse lourdement sur le portefeuille des agents.
Selon les organisations syndicales, l’érosion du pouvoir d’achat atteint 31,5 % sur vingt-cinq ans, conséquence directe des gels successifs face à une inflation cumulée. En janvier 2024, le gouvernement a accordé 5 points d’indice supplémentaires à l’ensemble des fonctionnaires, soit un gain d’environ 24,61 euros brut par mois. Une mesure jugée insuffisante par les syndicats pour compenser la perte de pouvoir d’achat réelle.
Traitement, primes, indemnités : les composantes de la rémunération
Le salaire d’un fonctionnaire ne se résume pas à une ligne unique sur son bulletin de paie. Tel un millefeuille administratif, la rémunération des agents publics s’édifie par strates successives, mêlant éléments garantis et composantes variables. Décryptage de cette architecture complexe.
Le traitement indiciaire : socle garanti de la rémunération
Le traitement indiciaire constitue le pilier de la rémunération dans la fonction publique. Calculé à partir de l’indice majoré détenu par l’agent, il représente la part incompressible du salaire, celle que tout fonctionnaire perçoit indépendamment de son lieu d’exercice ou de ses missions particulières.
Ce traitement de base progresse de manière automatique au fil de la carrière, à mesure que l’agent gravit les échelons de sa grille indiciaire. Un même indice majoré génère un traitement identique, qu’il s’agisse d’un agent de la territoriale ou d’un fonctionnaire d’État. Cette uniformité apparente masque toutefois des réalités salariales très différentes, car c’est dans les étages supérieurs du millefeuille que les écarts se creusent.
Indemnité de résidence et supplément familial
Au traitement indiciaire s’ajoutent plusieurs compléments obligatoires, pensés pour tenir compte de la situation personnelle et géographique de l’agent.
L’indemnité de résidence compense les disparités du coût de la vie selon les territoires. Trois zones coexistent : la zone 1 (grandes agglomérations) ouvre droit à 3 % du traitement, la zone 2 (villes moyennes) à 1 %, tandis que la zone 3 (reste du territoire) ne génère aucune indemnité. En 2026, les montants minimums s’établiront à 54,05 euros pour la zone 1 et 18,01 euros pour la zone 2.
Le supplément familial de traitement (SFT) bénéficie aux agents ayant au moins un enfant à charge. Son montant varie selon le nombre d’enfants et le niveau de traitement. La nouvelle bonification indiciaire (NBI), quant à elle, récompense l’exercice de fonctions comportant des responsabilités ou des sujétions particulières.
Le régime indemnitaire : primes et indemnités variables
C’est dans cette strate que se nichent les véritables disparités. Le régime indemnitaire, composé de primes et indemnités diverses, peut représenter une part substantielle de la rémunération globale.
Depuis 2014, le RIFSEEP (régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel) harmonise ce système. Il se décline en deux volets : l’IFSE, indemnité mensuelle valorisant les fonctions exercées, et le CIA, complément annuel lié à l’engagement professionnel et à la manière de servir.
Quelle part représentent ces primes dans le salaire total ? En moyenne, elles constituent 23 % de la rémunération brute pour la catégorie A, 29 % pour la catégorie B et 24 % pour la catégorie C. Mais ces moyennes dissimulent des écarts considérables : entre ministères, entre collectivités, et même entre services d’une même administration, les régimes indemnitaires varient du simple au triple.
Évolution de carrière : comment augmenter son salaire dans la fonction publique ?
Dans un contexte de gel prolongé du point d’indice, la progression de carrière demeure le principal levier d’augmentation salariale pour les agents publics. Contrairement aux idées reçues, la rémunération d’un fonctionnaire n’est pas figée : elle évolue au rythme des échelons gravis et des grades conquis.
L’avancement d’échelon : une progression automatique
Premier moteur de la hausse salariale, l’avancement d’échelon s’opère de manière quasi mécanique. À mesure que l’ancienneté s’accumule, l’agent gravit les échelons de son grade, passant d’un indice majoré à un indice supérieur.
La durée de séjour dans chaque échelon varie selon les corps et cadres d’emplois, oscillant généralement entre un et quatre ans. Cette progression, inscrite dans les textes statutaires, ne dépend ni du bon vouloir de la hiérarchie ni de l’évaluation professionnelle. Elle récompense la fidélité au service public et garantit à chaque fonctionnaire une trajectoire ascendante, fût-elle modeste. Un professeur des écoles, par exemple, voit son traitement passer de 1 944 euros brut en début de carrière à plus de 3 300 euros brut à l’échelon terminal.
L’avancement de grade : une promotion au mérite
L’avancement de grade constitue une marche plus haute à franchir. Contrairement à l’échelon, il ne s’obtient pas automatiquement : l’administration décide, au regard de critères définis, quels agents méritent d’accéder au grade supérieur au sein de leur corps ou cadre d’emplois.
Plusieurs voies coexistent : l’inscription au tableau d’avancement après examen du dossier, la réussite à un examen professionnel, ou encore le succès à un concours interne. Dans tous les cas, une ancienneté minimale est requise, conjuguée à une valeur professionnelle reconnue par la hiérarchie. L’agent promu conserve le bénéfice de son ancienneté, garantissant une transition sans perte de rémunération.
La promotion interne : changer de catégorie
Ultime accélérateur de carrière, la promotion interne permet de franchir les frontières entre catégories. Un agent de catégorie C peut ainsi accéder à la catégorie B, un agent B rejoindre la catégorie A, sans repasser par la case concours externe.
Ce dispositif, plus sélectif, ouvre les portes de corps et cadres d’emplois supérieurs, avec à la clé des grilles indiciaires sensiblement plus avantageuses. Pour un adjoint administratif territorial devenu attaché, le gain potentiel se chiffre en plusieurs centaines d’euros mensuels.
Salaire moyen des fonctionnaires : les vrais chiffres 2025
Au-delà des mécanismes, place aux données concrètes. Combien perçoit réellement un agent de la fonction publique à la fin du mois ? Les statistiques officielles permettent de dresser un portrait chiffré, à condition de savoir les lire avec discernement.
Salaire net moyen : 2 652 euros par mois
Selon les dernières données de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) publiées en 2025 (données 2023), le salaire net mensuel moyen dans la fonction publique s’établit à 2 652 euros en équivalent temps plein.
Ces chiffres intègrent l’ensemble des composantes de la rémunération : traitement indiciaire, primes, indemnités et heures supplémentaires. Ils reflètent une photographie globale, tous versants et toutes catégories confondus.
Le salaire médian : un indicateur plus révélateur
La moyenne, aussi utile soit-elle, présente un défaut majeur : elle se laisse tirer vers le haut par les rémunérations les plus élevées. Le salaire médian offre une vision plus fidèle de la réalité vécue par la majorité des agents.
Ce chiffre tombe comme un couperet : 50 % des fonctionnaires gagnent moins de 2 061 euros net par mois. L’écart de près de 600 euros avec la moyenne témoigne de l’ampleur des disparités au sein de la fonction publique. Autre enseignement : les femmes, majoritaires dans les trois versants, subissent un écart salarial de -12,6 % par rapport à leurs homologues masculins.
Comparaison entre les trois versants
Les rémunérations moyennes varient sensiblement d’un versant à l’autre :
- Fonction publique d’État : 2 886 euros net – le versant le mieux rémunéré, porté par une proportion élevée de catégorie A (enseignants, cadres administratifs)
- Fonction publique hospitalière : 2 842 euros net – les revalorisations Ségur de la santé ont redressé les courbes depuis 2020
- Fonction publique territoriale : 2 254 euros net – la prédominance de la catégorie C explique en grande partie ce niveau inférieur
Quelques exemples concrets
Derrière ces moyennes statistiques, des réalités individuelles très diverses. Un professeur des écoles débutant perçoit environ 2 100 euros net mensuels, primes incluses. Une infirmière hospitalière évolue dans une fourchette de 2 000 à 2 900 euros net selon son ancienneté. Un attaché territorial oscille entre 1 535 et 2 634 euros net au fil de sa carrière.
Ces ordres de grandeur méritent d’être affinés métier par métier. Des articles dédiés détaillent les grilles salariales de chaque profession : salaire des enseignants, policiers, infirmiers, agents territoriaux…
Fonctionnaires vs salariés du privé : que dit la comparaison ?
Le parallèle avec le secteur privé alimente régulièrement le débat public. Les chiffres bruts ? Le salaire net moyen s’établit à 2 735 euros dans le privé, contre 2 652 euros dans le public. Un écart modeste de 83 euros en faveur du secteur privé.
Cette comparaison mérite toutefois d’être maniée avec précaution. Les structures d’emploi diffèrent considérablement : niveau de qualification, répartition hommes-femmes, temps partiel, pyramide des âges. Comparer un univers à l’autre revient souvent à confronter des pommes et des oranges.
Du brut au net : comprendre sa fiche de paie
Entre le traitement brut affiché sur la grille indiciaire et la somme effectivement virée sur le compte bancaire, l’écart peut surprendre. Les cotisations sociales opèrent leur prélèvement silencieux, transformant les euros bruts en euros nets. Voici comment décrypter cette alchimie.
Taux de prélèvement : environ 20 à 23 %
Pour estimer rapidement son salaire net à partir du brut, une règle empirique suffit : multiplier le montant brut par un coefficient compris entre 0,77 et 0,80. Autrement dit, les cotisations salariales absorbent entre 20 et 23 % de la rémunération brute.
Ce taux varie toutefois selon le statut de l’agent et son régime de retraite. Un fonctionnaire territorial affilié à la CNRACL ne subit pas exactement les mêmes prélèvements qu’un agent de l’État relevant du régime des pensions civiles. Les contractuels, pour leur part, relèvent du régime général de la Sécurité sociale, avec des taux de cotisation légèrement différents.
Principales cotisations salariales
Le bulletin de paie d’un fonctionnaire détaille plusieurs lignes de prélèvements. Parmi les plus significatives :
- Cotisation retraite (CNRACL pour les territoriaux et hospitaliers, régime des pensions civiles pour l’État) : environ 11,10 % du traitement
- CSG déductible : 6,80 %
- CSG/CRDS non déductible : 2,90 %
- Contribution solidarité autonomie : 0,30 %
À ces retenues s’ajoutent parfois des cotisations complémentaires selon les régimes indemnitaires et les garanties souscrites (mutuelle, prévoyance).
Salaire minimum dans la fonction publique
Aucun fonctionnaire ne peut percevoir un traitement inférieur au SMIC. Cette règle cardinale s’impose à l’ensemble des employeurs publics.
En 2025, le traitement minimum correspond à l’indice majoré 366, soit 1 801,73 euros brut mensuels. Or, le SMIC atteindra 1 823,03 € brut euros brut au 1er janvier 2026, après une revalorisation de 1,18 %. Les agents situés au bas de l’échelle bénéficieront alors d’une indemnité différentielle pour garantir l’alignement de leur rémunération sur ce plancher légal.
Perspectives 2026 : à quoi s’attendre ?
Après trois années de gel consécutives, quelles évolutions salariales les fonctionnaires peuvent-ils espérer ? Le contexte budgétaire contraint laisse peu de marge de manœuvre au gouvernement, mais le dialogue social reste ouvert. Tour d’horizon des perspectives.
Gel confirmé du point d’indice jusqu’en 2026
L’horizon salarial demeure figé pour les agents publics. Le gouvernement a confirmé l’absence de revalorisation du point d’indice pour 2025, et les orientations budgétaires 2026 prolongent cette ligne de rigueur. Pour la troisième année consécutive, la valeur de 4,92278 euros restera donc inchangée.
Ce gel s’inscrit dans un contexte de redressement des finances publiques. L’objectif affiché : ramener le déficit à 4,7 % du PIB. Dans cette équation, la masse salariale de la fonction publique représente un poste de dépenses scruté à la loupe.
Autre mauvaise nouvelle pour les agents : la GIPA (garantie individuelle du pouvoir d’achat), dispositif qui compensait partiellement la perte de pouvoir d’achat sur quatre ans, a été supprimée en 2024. Elle ne sera pas rétablie en 2025 ni en 2026.
Quelles mesures pour le pouvoir d’achat ?
Face à l’impasse sur le point d’indice, le gouvernement évoque des pistes alternatives. Parmi elles, l’amélioration de l’accès au logement pour les agents publics, notamment dans les zones tendues où les loyers grèvent lourdement les budgets.
Des revalorisations ciblées par filières sont également à l’étude, sans calendrier ni enveloppe précise à ce stade. Le renforcement du dialogue social figure parmi les engagements ministériels, avec la promesse de négociations sur les carrières et les rémunérations.
Fonctionnaires : une variable d’ajustement budgétaire ?
Les syndicats dénoncent une politique de rigueur qui fait des agents publics une variable d’ajustement. Les chiffres alimentent leur argumentaire : la masse salariale de l’État progressera de seulement 1,30 % en 2026, une hausse principalement absorbée par les créations de postes et non par des augmentations individuelles.
Pendant ce temps, l’inflation poursuit son œuvre érosive. Estimée à 1,4 % pour 2026, elle creusera mécaniquement l’écart entre rémunérations et coût de la vie. Selon les organisations syndicales, un fonctionnaire moyen aurait perdu l’équivalent de 100 euros mensuels de pouvoir d’achat au fil des années de gel successives.
À retenir
- 5,8 millions d'agents travaillent dans la fonction publique française, répartis entre l'État, les collectivités territoriales et les hôpitaux.
- Salaire net moyen : 2 652 € par mois — mais 50 % des fonctionnaires gagnent moins de 2 061 €.
- Point d'indice : 4,92278 €, gelé depuis juillet 2023 et jusqu'en 2026.
- Formule de calcul : Indice majoré × 5 907,34 € ÷ 1 200 = traitement brut mensuel.
- Primes et indemnités représentent 23 à 29 % du salaire selon la catégorie.
- Progression salariale : l'avancement d'échelon (automatique) et de grade (au mérite) restent les principaux leviers d'augmentation.
FAQ
Questions fréquentes sur la rémunération des fonctionnaires
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