Réservé à l’origine aux indépendants, le coworking s’est démocratisé. Il correspond aux évolutions du monde du travail et aux mutations de l’organisation des entreprises, en proposant des m de travail flexibles. Économique, convivial, il répond aux attentes des nouvelles générations p qui l’environnement au travail est primordial. Flexible et collaboratif, permettant de maîtriser es coûts, le coworking séduit aussi les entreprises de toutes les tailles, des TPE aux grands groupes. La révolution numérique et les changements opérés dans l’organisation du travail explique, en partie, ce succès.

 

Coworking, la conquête de nouveaux espaces

 

Un espace de coworking, ou espace de travail partagé, propose à ses utilisateurs, les coworkers, un lieu de travail flexible qui permet de favoriser les rencontres professionnelles, de faciliter les échanges de compétences et de sortir d’un certain isolement, en particulier pour les travailleurs indépendants. Depuis l’ouverture en 2008 à Paris du premier espace de coworking français, La Cantine, le développement a été exponentiel, accéléré par la révolution numérique et les changements opérés dans l’organisation du travail. Selon une étude de la plateforme digitale Ubiq, spécialisée dans l’immobilier de bureau, il y avait en France 360 espaces de coworking en 2015,1 700 en 2019 et 2 787 en France en 2021, soit une augmentation de 60 % en deux ans. Si, à l’origine, le coworking intéressait les entreprises innovantes et était généralement associé aux startups, la situation a évolué et des entreprises d’autres secteurs y installent leurs services, notamment depuis la crise sanitaire. Ces espaces de travail permettent de réunir des indépendants dotés de profils différents : on y croise aussi bien des créateurs d’entreprises que des travailleurs indépendants, des télétravailleurs, voire des artistes à la recherche d’un lieu de travail et d’échanges équipé du matériel nécessaire.

 

Choisir le coworking pour développer son réseau en gardant son indépendance

 

Selon une étude du site Atypiwork, les principaux intérêts des coworkers sont : développer son réseau, ne plus être isolé, travailler en groupe, recevoir des clients/fournisseurs, être proche du domicile, libre de pouvoir changer de décor, profiter d’un lieu atypique, de la flexibilité des réservations et de la réduction des coûts liés à un bureau fixe. La sociabilisation est donc privilégiée, même si 20 % des personnes interrogées évoquent la volonté de « pouvoir m’éloigner de mes enfants et de mes proches » ou de travailler seul de manière plus concentrée.

 

60%

c’est l’augmentation du nombre

d’espaces de coworking en France,

entre 2019 et 2021.

 

Ces structures donnent à ses membres et à ses utilisateurs, souvent de jeunes entreprises, la possibilité d’intégrer à moindres frais une communauté d’entrepreneurs avec lesquels créer des partenariats, faire naître des synergies, développer de nouvelles idées, stimuler l’activité. Plutôt que de travailler seul dans son coin, le coworker agrandit ainsi son carnet d’adresses tout en préservant son indépendance à laquelle il reste en général très attaché. Un réseau bien utile pour débuter.

 

Encourager le développement

 

Les espaces de coworking ne sont pas forcément des tiers-lieux et inversement. Néanmoins, la majorité des tiers-lieux propose des espaces de travail partagés tout en développant d’autres activités par ailleurs : fablab, makerspace, campus connecté, friche culturelle, etc. Leur fonctionnement, leur mode de financement et leurs communautés sont spécifiques à chaque lieu. Lancé en juin 2020 par le Gouvernement, le programme Nouveaux lieux, Nouveaux liens déployé par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) vise à encourager le développement et la consolidation des tiers-lieux via des financements et la labellisation Fabrique de territoire. Cette diversité constitue une source d’émulation et peut être à l’origine de nouveaux projets ou collaborations, comme l’explique un responsable d’espace de cowroking à Limoges. « Nous sommes une petite entreprise à l’esprit dynamique, un peu jeune startup. Le coworking permet à l’équipe de ne pas vivre isolée, ni géographiquement ni humainement. Ainsi nous coexistons dans un groupe plus grand que l’entreprise, avec une cohésion et une émulation qui n’existeraient pas autrement. Cela va jusqu’à créer des liens d’amitié et des synergies professionnelles qui renforcent l’intérêt du coworking.»

Le coworking : une solution flexible et économique

 

Ces espaces répondent aux attentes et aux besoins de la nouvelle génération de travailleurs indépendants. Outre les services, tels que les accès aux espaces 24 heures/24 et 7 jours sur 7, un espace de restauration, des imprimantes, une salle pour recevoir les clients, de plus en plus de lieux proposent des actions qui prennent la forme de conférences, d’ateliers, de rencontres ou d’évènements (soirées, teambuilding, animation créative, workshops, etc.) C’est d’ailleurs ce qui a séduit Mathilde Pinto, référente territoriale pour Odéys, le cluster de construction et d’aménagements durables, installée depuis le début du mois d’août dans les locaux du nouvel espace de coworking Héméra place Jourdan à Limoges, dont elle apprécie les aspects pratiques. « Je suis à côté du centre-ville et surtout de la gare. C’est un critère essentiel puisque nous avons cinq antennes en région et que je dois prendre le train régulièrement. Les services proposés sont également très complets et adaptés à mon activité. De plus, les réunions et les petits-déjeuners organisés régulièrement favorisent les échanges et les contacts avec les autres coworkers. » Autre atout : la location d’un poste de travail au sein d’un espace de coworking représente une solution économique et très flexible, qui permet de profiter d’un bureau à la journée ou à la demi-journée, à temps plein ou à mi-temps, tout en réduisant les coûts liés à la location, notamment dans les grandes villes où les prix au mètre carré s’envolent. Les usages ont également évolué : seuls 12% des espaces de coworking sont en open space, le reste étant des bureaux privatifs fermés.

Une offre qui se diversifie

 

Paris et l’île-de-France arrivent logiquement en tête du nombre d’espaces de coworking, devant les grandes métropoles comme Lyon, Lille, Bordeaux ou Marseille, mais le succès du coworking ne se limite pas aux grandes agglomérations. De plus en plus de villes de taille moyenne se dotent également d’espaces de travail partagés.

Le coworker, un travailleur nomade

 

Le coworking s’est donc démocratisé. Ce n’est plus seulement une affaire de freelances ou de startupers, il séduit désormais les salariés, en particulier ceux qui ont expérimenté et apprécié le télétravail forcé pendant la crise du Covid et ce, quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle. Nous sommes entrés dans l’ère du flex office. Le coworker d’aujourd’hui est nomade. Qu’il soit au café, au bureau, ou à l’autre bout du monde, armé de son ordinateur portable, de son téléphone, il lui suffit d’une bonne connexion pour avancer dans ses missions.

 

« Certains travailleurs ne veulent plus retourner cinq jours sur cinq au bureau,

mais ils ne veulent pas non plus revenir au tout télétravail »

Mark Dixon, P-DG du groupe IWG, leader mondial des espaces de coworking

 

 

Ainsi, selon le sociologue et président de La Fabrique des mobilités Bruno Marzloff, « le Covid nous fait reconsidérer le rapport au travail, au siège social, à la hiérarchie et aux relations sociales. » Pour lui, l’expérience collaborateur passera dans les années à venir par une multiplicité « d’escales » entre le siège social – symbole de la culture d’entreprise – le domicile et l’espace de coworking.