Salaire AESH 2026 : grille indiciaire, primes et montant net réel

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Combien gagne un(e) AESH en 2026 ? Entre 1 826 € bruts à temps plein pour un accompagnant débutant et 2 240 € bruts en fin de carrière, soit environ 1 467 € à 1 800 € nets mensuels avant impôt — hors indemnités. Mais ces chiffres masquent une réalité bien différente : 98 % des AESH travaillent à temps incomplet, le plus souvent à 24 heures par semaine. À cette quotité, le salaire net tombe entre 910 € et 1 116 € selon l’échelon. Une rémunération qui place la majorité de ces 132 000 agents sous le seuil de pauvreté.

Chevilles ouvrières de l’école inclusive, les AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) perçoivent un traitement calculé selon les mêmes mécanismes que l’ensemble du salaire des fonctionnaires : point d’indice, grille à 11 échelons et indemnités. Grilles officielles 2026, primes détaillées, passage du brut au net : décryptage complet.

Une précision : le métier est exercé à 93 % par des femmes. Nous emploierons donc le féminin de manière générale dans cet article — une AESH, une accompagnante. Les hommes qui exercent cette profession voudront bien nous en excuser : pour une fois que la langue française ne penche pas systématiquement du côté masculin…

 

Infographie salaire AESH 2026

 

Combien gagne une AESH en 2026 ?

 

La question semble simple, la réponse l’est moins. Car entre le montant inscrit sur la grille indiciaire et celui qui atterrit sur le compte bancaire chaque mois, le chemin traverse plusieurs filtres : quotité de travail, cotisations sociales, indemnités variables. Pour y voir clair, il convient de distinguer deux réalités souvent confondues : le salaire théorique à temps plein et le salaire réel à temps partiel.

Situation Salaire net à 62 % (24h) Salaire net à 100 %
AESH débutante (échelon 1) ~910 € ~1 467 €
AESH milieu de carrière (échelon 5) ~969 € ~1 562 €
AESH confirmée (échelon 8) ~1 042 € ~1 681 €
AESH fin de carrière (échelon 11) ~1 116 € ~1 800 €

Montants hors indemnité de fonction et autres primes, sur la base du point d’indice à 4,92278 €.

 

Le constat est frappant : à 62 %, quotité la plus répandue, une AESH débutante perçoit à peine plus de 900 € nets par mois. Même après 30 ans de carrière, le salaire net dépasse difficilement les 1 100 €. Le temps plein, lui, reste l’exception — seules 2 % des accompagnantes en bénéficient.

 

Ce que comprennent ces montants

 

Ces salaires nets correspondent au traitement indiciaire brut, calculé à partir de l’indice majoré et de la valeur du point, après déduction des cotisations sociales (environ 20 %). Ils n’incluent pas les indemnités complémentaires qui peuvent sensiblement modifier la fiche de paie :

  • L’indemnité de fonction : 1 529 € brut par an à temps plein, soit environ 63 € nets mensuels à 62 %
  • Les primes REP ou REP+ : jusqu’à 310 € brut par mois en éducation prioritaire renforcée
  • L’indemnité de résidence : de 0 à 3 % du traitement selon la zone géographique

 

Avec l’indemnité de fonction, une AESH débutante à 62 % atteint environ 973 € nets par mois — un montant qui reste inférieur au seuil de pauvreté fixé à 1 288 € pour une personne seule.

 

Comment est calculé le salaire d’une AESH ?

 

Comme tous les agents contractuels de droit public, les AESH perçoivent un traitement indiciaire — et non un « salaire » au sens strict du secteur privé. Ce traitement obéit à une mécanique précise, commune à l’ensemble de la fonction publique d’État.

 

La valeur du point d’indice en 2026

 

Le point d’indice constitue la brique élémentaire du calcul. Sa valeur, fixée par décret, s’applique à tous les agents publics. Depuis le 1er juillet 2023, elle est gelée à 4,92278 €. Aucune revalorisation n’est intervenue depuis, et le budget 2026 ne prévoit pas de dégel.

Ce gel, qui dure désormais depuis trois ans, pèse sur le pouvoir d’achat des AESH. Avec une inflation cumulée d’environ 8 % sur la période, le traitement réel a perdu de sa valeur — sans compensation.

 

La formule de calcul

 

Le traitement brut mensuel d’une AESH se calcule selon une formule simple :

Traitement brut = Indice majoré × 4,92278 € × Quotité de travail

 

Chaque échelon de la grille correspond à un indice majoré (IM). Plus l’accompagnante progresse dans sa carrière, plus cet indice augmente. À l’échelon 1, l’indice majoré est de 371. À l’échelon 11, il atteint 455.

Prenons un exemple concret. Une AESH à l’échelon 1, travaillant à 62 % (24 heures par semaine), percevra :

371 × 4,92278 € × 0,62 = 1 132 € bruts par mois

 

Du brut au net : les cotisations

 

Pour passer du brut au net, il faut retrancher environ 19,8 % à 22 % du traitement brut. Ces prélèvements se décomposent ainsi :

  • Cotisations vieillesse : pour financer la retraite (régime général et IRCANTEC)
  • CSG (Contribution Sociale Généralisée) : 9,2 % dont une partie déductible
  • CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) : 0,5 %

 

En pratique, on peut appliquer un coefficient de conversion rapide :

Salaire net ≈ Salaire brut × 0,80

 

Ainsi, notre AESH débutante à 62 % percevant 1 132 € bruts touchera environ 910 € nets avant impôt sur le revenu.

 

Grille indiciaire AESH 2026

 

La grille indiciaire des AESH constitue le socle de leur rémunération. Mise en place en septembre 2023, puis revalorisée de 5 points d’indice en janvier 2024, elle comprend 11 échelons que l’accompagnante gravit automatiquement au fil de sa carrière. Chaque échelon correspond à une durée de trois ans — une progression lente, mais garantie.

 

Tableau complet : les 11 échelons de la grille AESH

 

Échelon Ancienneté requise Indice majoré Salaire brut (100 %) Salaire net (100 %)
1 Entrée en fonction 371 1 826 € ~1 467 €
2 Après 3 ans 375 1 846 € ~1 483 €
3 Après 6 ans 380 1 871 € ~1 504 €
4 Après 9 ans 385 1 895 € ~1 523 €
5 Après 12 ans 395 1 944 € ~1 562 €
6 Après 15 ans 405 1 994 € ~1 602 €
7 Après 18 ans 415 2 043 € ~1 641 €
8 Après 21 ans 425 2 092 € ~1 681 €
9 Après 24 ans 435 2 141 € ~1 720 €
10 Après 27 ans 445 2 191 € ~1 759 €
11 Après 30 ans 455 2 240 € ~1 800 €

Grille basée sur la valeur du point d’indice à 4,92278 €. Salaires nets calculés avec un taux de cotisation de 19,8 %.

 

En cumulant les durées de chaque échelon, une AESH met 30 ans pour atteindre le sommet de cette grille. L’écart entre le premier et le dernier échelon ? À peine 333 € nets à temps plein. Une progression modeste, qui traduit l’absence de grade supérieur dans ce statut — contrairement aux enseignants qui peuvent accéder à la hors-classe ou à la classe exceptionnelle.

 

Particularité : l’échelon 1 au niveau du SMIC

 

Au 1er janvier 2026, le SMIC mensuel brut atteint 1 823,03 €. Or, le traitement brut d’une AESH à l’échelon 1 s’élève à 1 826 € — tout juste 3 € au-dessus du plancher légal. Une marge infime qui illustre la faiblesse des rémunérations en début de carrière.

Si le traitement indiciaire venait à passer sous le SMIC (en cas de nouvelle revalorisation du salaire minimum sans hausse du point d’indice), l’employeur devrait verser une indemnité différentielle pour combler l’écart. Un mécanisme déjà appliqué pour certains agents de catégorie C, comme les ATSEM dont les trois premiers échelons sont alignés sur le SMIC en 2026.

 

Historique récent de la grille

 

La grille actuelle résulte de deux évolutions récentes :

  • 1er septembre 2023 : création d’une nouvelle grille à 11 échelons, remplaçant l’ancienne (qui en comptait moins). Cette refonte a permis des gains de 5 à 15 points d’indice selon les échelons.
  • 1er janvier 2024 : ajout de 5 points d’indice pour tous les échelons, portant la revalorisation globale à 11-14 % selon l’ancienneté.

 

Depuis cette date, aucune évolution n’est intervenue. Le point d’indice reste gelé, et la grille n’a pas été modifiée pour 2025 ni pour 2026.

 

Salaire AESH selon la quotité de travail

 

Les grilles indiciaires présentées jusqu’ici s’entendent à temps plein. Or, la réalité des AESH est tout autre : 98 % d’entre elles travaillent à temps incomplet, avec une quotité moyenne de 63,2 %. Une situation subie, non choisie, qui impacte directement la fiche de paie.

 

Pourquoi le temps incomplet ?

 

Le temps de travail d’une AESH dépend des notifications MDPH attribuées aux élèves qu’elle accompagne. Une accompagnante peut suivre un, deux, voire trois élèves sur différentes classes ou établissements — mais rarement pour un volume suffisant à atteindre un temps plein.

La référence pour un temps complet est fixée à 1 607 heures annuelles, soit 39 heures d’accompagnement par semaine sur 41 semaines. Dans les faits, la plupart des contrats oscillent entre 20 et 26 heures hebdomadaires.

 

Tableau : salaire net selon la quotité

 

Le tableau ci-dessous présente le salaire net mensuel d’une AESH à l’échelon 1, selon les quotités les plus courantes :

Quotité Heures / semaine Heures annuelles Salaire brut Salaire net
50 % 19,5 h 803 h 913 € ~733 €
52 % 20 h 836 h 950 € ~763 €
62 % 24 h 984 h 1 132 € ~910 €
68 % 26,5 h 1 093 h 1 242 € ~998 €
100 % 39 h 1 607 h 1 826 € ~1 467 €

Montants calculés pour une AESH à l’échelon 1 (indice majoré 371), hors indemnités.

 

Focus sur le 24h/semaine : la quotité majoritaire

 

La quotité de 62 % — correspondant à 24 heures d’accompagnement par semaine — constitue le standard du métier. Ce volume permet généralement de couvrir le temps scolaire d’un ou plusieurs élèves sur la semaine, hors pause méridienne.

Le calcul de cette quotité repose sur une base annuelle : 24 heures × 41 semaines = 984 heures, soit 984 / 1 607 = 61,2 %, arrondi à 62 %.

À cette quotité, une AESH débutante perçoit environ 910 € nets par mois — un montant qui progresse faiblement avec l’ancienneté pour atteindre 1 116 € nets après 30 ans de carrière. Sur toute une vie professionnelle, le gain mensuel ne dépasse pas 206 €.

 

Un temps partiel subi, pas choisi

 

Contrairement à d’autres professions où le temps partiel relève d’un choix personnel, les AESH subissent leur quotité. Les besoins d’accompagnement, définis par les notifications MDPH et répartis par les PIAL (Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisé), ne permettent que rarement d’atteindre un temps plein.

Résultat : seules 2 % des accompagnantes exercent à 100 %. Les autres jonglent avec des emplois du temps morcelés, parfois sur plusieurs établissements, pour des revenus qui peinent à dépasser les 1 000 € mensuels.

 

Les indemnités et primes des AESH

 

Le traitement indiciaire ne représente qu’une partie de la rémunération des AESH. Sur ce socle viennent se greffer plusieurs indemnités, certaines automatiques, d’autres liées à des situations particulières. Ces compléments peuvent représenter plusieurs dizaines, voire centaines d’euros mensuels selon l’affectation.

 

L’indemnité de fonction : 1 529 € brut par an

 

Créée au 1er septembre 2023 dans le cadre de l’annonce d’une revalorisation de 10 % des salaires AESH, l’indemnité de fonction constitue désormais le principal complément de rémunération. Son montant s’élève à 1 529 € brut par an pour un temps plein, soit environ 127 € brut mensuels.

Cette indemnité est versée à toutes les AESH dès leur entrée en fonction, qu’elles soient en CDD ou en CDI. Elle est calculée au prorata de la quotité de travail :

  • À 100 % : 127,42 € brut/mois (~103 € net)
  • À 62 % : 79 € brut/mois (~63 € net)
  • À 50 % : 63,71 € brut/mois (~51 € net)

 

Avec cette indemnité, une AESH débutante à 62 % passe de 910 € à environ 973 € nets par mois — un gain appréciable, mais qui ne suffit pas à franchir le seuil de pauvreté.

 

Les primes REP et REP+ : enseigner en éducation prioritaire

 

Les AESH affectées en réseau d’éducation prioritaire perçoivent une indemnité spécifique qui peut transformer significativement leur bulletin de paie.

En REP (réseau d’éducation prioritaire), l’indemnité s’élève à 1 106 € brut par an pour un temps plein, soit environ 92 € brut mensuels. À 62 %, cela représente environ 57 € brut par mois.

En REP+ (réseau renforcé), la rémunération complémentaire se structure différemment :

  • Part fixe : 3 263 € brut par an (271,92 € brut/mois à temps plein)
  • Part modulable : jusqu’à 448 € brut par an, versée selon l’atteinte d’objectifs collectifs

 

Au total, une AESH en REP+ à temps plein peut percevoir jusqu’à 310 € brut supplémentaires par mois. À 62 %, le complément avoisine 190 € brut mensuels — un levier non négligeable pour celles qui acceptent d’exercer en zone difficile.

 

Rétroactivité : une victoire juridique récente

 

Une décision du Conseil d’État du 16 juillet 2025 a donné raison aux AESH et AED pour le paiement rétroactif des indemnités REP/REP+ non versées avant leur extension officielle. La prescription quadriennale limite toutefois la rétroactivité à quatre ans : les demandes déposées avant fin 2025 ne peuvent concerner que les primes dues à partir du 1er janvier 2021.

 

L’indemnité AESH référent : 660 € brut par an

 

Les AESH exerçant des missions de référent — c’est-à-dire apportant un appui méthodologique et un soutien aux accompagnantes nouvellement nommées — perçoivent une indemnité spécifique de 660 € brut par an, soit 55 € brut mensuels.

Cette indemnité, revalorisée de 10 % en septembre 2023 (contre 600 € auparavant), s’ajoute au traitement et à l’indemnité de fonction. Elle n’est pas proratisée selon la quotité.

 

L’indemnité de résidence

 

Attribuée en fonction de la zone géographique de la commune de résidence professionnelle, l’indemnité de résidence représente un pourcentage du traitement indiciaire brut :

  • Zone 1 (grandes agglomérations, Île-de-France) : 3 % du traitement brut
  • Zone 2 (villes moyennes) : 1 % du traitement brut
  • Zone 3 (zones rurales) : aucune indemnité

 

Pour une AESH à l’échelon 1 travaillant à 62 % en zone 1, l’indemnité de résidence représente environ 34 € brut par mois (1 132 € × 3 %). Un complément modeste, mais qui s’ajoute aux autres indemnités.

 

Le supplément familial de traitement (SFT)

 

Le SFT est versé aux AESH ayant au moins un enfant à charge de moins de 20 ans. Il comprend une part fixe et une part variable (proportionnelle au traitement). Les montants au 1er janvier 2024 :

Nombre d’enfants Part fixe Part variable Montant mensuel (temps plein)
1 enfant 2,29 € 0 % 2,29 €
2 enfants 10,67 € 3 % du traitement 77 € à 117 €
3 enfants 15,24 € 8 % du traitement 194 € à 300 €

Le SFT est proratisé selon la quotité de travail, mais reste versé intégralement pour le premier enfant.

 

Important : le SFT n’est pas versé automatiquement. Il faut en faire la demande auprès de son service gestionnaire et la réitérer à chaque renouvellement de contrat ou changement d’employeur.

 

Tableau récapitulatif des indemnités AESH

 

Prime / Indemnité Montant brut annuel (100 %) Bénéficiaires
Indemnité de fonction 1 529 € Toutes les AESH
Indemnité REP 1 106 € Affectation en éducation prioritaire
Indemnité REP+ (part fixe) 3 263 € Affectation en REP+
Indemnité REP+ (part modulable) Jusqu’à 448 € Selon objectifs collectifs
Indemnité AESH référent 660 € Fonction de référent
Indemnité de résidence (zone 1) 3 % du traitement Selon zone géographique

Montants bruts annuels pour un temps plein. Toutes les indemnités (sauf AESH référent) sont proratisées selon la quotité.

 

Exemples concrets de salaires AESH

 

Les grilles et les primes prennent tout leur sens lorsqu’on les traduit en situations réelles. Voici quatre profils types, détaillés ligne par ligne, pour visualiser ce que perçoit concrètement une accompagnante selon son parcours et son affectation.

 

Exemple 1 : AESH débutante (échelon 1) à 62 %, hors éducation prioritaire

 

Profil : première année de contrat, 24 heures hebdomadaires, école élémentaire en zone 3 (rurale).

Élément de rémunération Montant brut mensuel
Traitement indiciaire (IM 371 × 62 %) 1 132 €
Indemnité de fonction (62 %) 79 €
Indemnité de résidence (zone 3) 0 €
Total brut 1 211 €
Cotisations sociales (~20 %) – 242 €
Salaire net avant impôt ~969 €

 

Avec l’indemnité de fonction, cette AESH débutante atteint près de 970 € nets — soit 319 € sous le seuil de pauvreté (1 288€). Sans cette indemnité créée en 2023, elle n’aurait perçu que 910 €.

 

Exemple 2 : AESH milieu de carrière (échelon 5) à 62 %

 

Profil : 12 ans d’ancienneté, CDI, 24 heures hebdomadaires, collège en zone 2.

Élément de rémunération Montant brut mensuel
Traitement indiciaire (IM 395 × 62 %) 1 205 €
Indemnité de fonction (62 %) 79 €
Indemnité de résidence (zone 2 : 1 %) 12 €
Total brut 1 296 €
Cotisations sociales (~20 %) – 259 €
Salaire net avant impôt ~1 037 €

 

Après 12 ans de carrière, le salaire net dépasse tout juste les 1 000 €. Le gain par rapport à une débutante ? Environ 68 € nets par mois — soit moins de 6 € par année d’ancienneté.

 

Exemple 3 : AESH débutante (échelon 1) à temps plein

 

Profil : première année, contrat à 100 % (cas rare), lycée en zone 1 (Île-de-France).

Élément de rémunération Montant brut mensuel
Traitement indiciaire (IM 371 × 100 %) 1 826 €
Indemnité de fonction (100 %) 127 €
Indemnité de résidence (zone 1 : 3 %) 55 €
Total brut 2 008 €
Cotisations sociales (~20 %) – 402 €
Salaire net avant impôt ~1 606 €

 

À temps plein et en zone 1, une AESH débutante dépasse les 1 600 € nets — un niveau enfin supérieur au seuil de pauvreté. Mais ce profil reste l’exception : seules 2 % des accompagnantes bénéficient d’un temps complet.

 

Exemple 4 : AESH débutante (échelon 1) à 62 % en REP+

 

Profil : première année, 24 heures hebdomadaires, école primaire en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+), zone 1.

Élément de rémunération Montant brut mensuel
Traitement indiciaire (IM 371 × 62 %) 1 132 €
Indemnité de fonction (62 %) 79 €
Indemnité REP+ part fixe (62 %) 169 €
Indemnité de résidence (zone 1 : 3 %) 34 €
Total brut 1 414 €
Cotisations sociales (~20 %) – 283 €
Salaire net avant impôt ~1 131 €

 

L’affectation en REP+ transforme la fiche de paie : cette AESH débutante perçoit 162 € nets de plus que sa collègue hors éducation prioritaire. Elle dépasse enfin le seuil de pauvreté — à condition d’accepter d’exercer dans un établissement classé en zone difficile.

En fin d’année scolaire, la part modulable de l’indemnité REP+ (jusqu’à 448 € brut annuels à temps plein, soit ~175 € à 62 %) peut s’ajouter à cette rémunération — un bonus lié à l’atteinte d’objectifs collectifs.

 

Salaire AESH et SMIC : quelle réalité ?

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au 1er janvier 2026, le SMIC mensuel brut s’établit à 1 823,03 € pour un temps plein, soit environ 1 443 € nets. Or, la grande majorité des AESH travaillent à temps incomplet — et leur rémunération reflète cette réalité.

 

Une rémunération sous le seuil de pauvreté

 

Le seuil de pauvreté en France est fixé à 1 288 € nets mensuels pour une personne seule (60 % du revenu médian, données INSEE 2023). Comparons :

  • AESH débutante à 62 % (sans indemnités) : 910 € nets → sous le seuil de pauvreté
  • AESH débutante à 62 % (avec indemnité de fonction) : 969 € nets → sous le seuil de pauvreté
  • AESH échelon 11 à 62 % (avec indemnité de fonction) : 1 179 € nets → légèrement au-dessus, après 30 ans de carrière

 

Autrement dit : une AESH doit attendre près de 20 ans d’ancienneté pour espérer franchir le seuil de pauvreté avec sa seule rémunération — et encore, à condition de percevoir l’indemnité de fonction. Cette précarité structurelle touche 132 000 agents, dont 98 % subissent un temps incomplet non choisi.

 

Comparaison avec d’autres métiers de l’Éducation nationale

 

Les AESH figurent parmi les personnels les moins bien rémunérés de l’Éducation nationale. À titre de comparaison :

Métier Salaire net débutant Statut
AESH (62 %) ~970 € Contractuel
ATSEM (temps plein) ~1 440 € Fonctionnaire territorial
Professeur des écoles ~2 100 € Fonctionnaire d’État

 

L’écart est saisissant : une AESH débutante perçoit moins de la moitié du salaire d’un professeur des écoles, avec lequel elle travaille pourtant au quotidien dans les classes. Elle gagne également 470 € de moins qu’une ATSEM débutante à temps plein — deux métiers qui partagent pourtant le même univers de l’école maternelle et primaire.

 

Des compléments de revenus souvent nécessaires

 

Face à ces niveaux de rémunération, de nombreuses AESH cumulent leur emploi avec d’autres activités : garderie périscolaire, ménage, aide à domicile. D’autres bénéficient d’aides sociales complémentaires :

  • Prime d’activité (CAF) : accessible sous conditions de ressources
  • APL : aide personnalisée au logement
  • RSA : complément pour les revenus les plus faibles

 

Une situation paradoxale pour des agents qui exercent une mission essentielle au sein de l’école inclusive.

 

Statut et évolution de carrière

 

Les AESH ne sont pas fonctionnaires. Elles appartiennent à la catégorie des agents contractuels de droit public, recrutées par l’Éducation nationale sous un régime spécifique. Un statut précaire qui conditionne leur parcours professionnel — et leurs perspectives salariales.

 

CDD puis CDI : le parcours contractuel

 

Le recrutement d’une AESH s’effectue initialement en CDD (contrat à durée déterminée) de 3 ans. Ce premier contrat peut être renouvelé une fois pour une durée équivalente.

Depuis le décret du 13 juillet 2023, une avancée majeure a été actée : la CDIsation intervient désormais au bout de 3 ans (contre 6 ans auparavant). À l’issue de ce premier CDD, si la valeur professionnelle et la manière de servir sont jugées satisfaisantes, l’accompagnante se voit proposer automatiquement un CDI (contrat à durée indéterminée).

Quelques précisions importantes :

  • Les services accomplis à temps incomplet sont assimilés à des services à temps complet pour le calcul de l’ancienneté
  • Les interruptions de contrat n’excédant pas 4 mois ne remettent pas en cause la continuité des services
  • Les services antérieurs en qualité d’AE-AVS (assistant d’éducation – auxiliaire de vie scolaire) sont comptabilisés
  • Aucune période d’essai n’est prévue lors du passage en CDI

 

L’avancement d’échelon : une progression automatique mais lente

 

Une fois en poste, l’AESH progresse automatiquement dans la grille indiciaire. Le changement d’échelon s’effectue tous les 3 ans, sans condition de mérite ni évaluation particulière. C’est l’ancienneté seule qui détermine l’avancement.

Cette progression, si elle a le mérite d’être garantie, reste extrêmement modeste :

  • Gain moyen par changement d’échelon : environ 20 € bruts à temps plein
  • Gain total sur 30 ans de carrière (échelon 1 à 11) : 414 € bruts à temps plein, soit 333 € nets
  • Gain mensuel moyen par année d’ancienneté : 11 € nets à temps plein, 7 € nets à 62 %

 

En d’autres termes : une AESH qui consacre toute sa vie professionnelle à l’accompagnement des élèves en situation de handicap verra son salaire augmenter de moins de 10 € nets par an en moyenne.

 

Une carrière sans grade supérieur

 

Contrairement aux enseignants, qui peuvent accéder à la hors-classe puis à la classe exceptionnelle, les AESH ne disposent d’aucun grade supérieur. La grille actuelle comprend 11 échelons — et c’est tout. Pas de promotion possible, pas d’accélération de carrière liée au mérite.

Cette absence de perspective constitue l’une des principales revendications syndicales. Un professeur des écoles, par exemple, peut voir son salaire augmenter de plusieurs centaines d’euros en accédant à la hors-classe. Une AESH, elle, reste bloquée dans une grille unique, sans horizon d’évolution au-delà de l’échelon 11.

Seule exception : la fonction d’AESH référent, qui ouvre droit à une indemnité de 660 € brut par an. Mais il s’agit d’un complément indemnitaire, non d’un changement de grade ou de statut.

 

L’employeur : DSDEN ou établissement ?

 

Les AESH sont des agents de l’État, recrutés par :

  • Les établissements scolaires (collèges, lycées) pour les CDD
  • La DSDEN (Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale) pour les CDI

 

Lors du passage en CDI, le contrat est transféré à la DSDEN, qui devient l’employeur officiel. L’affectation au quotidien reste toutefois gérée par les PIAL (Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisé), qui répartissent les accompagnantes selon les besoins des élèves notifiés par la MDPH.

 

Perspectives 2026 : vers la fonctionnarisation ?

 

L’année 2026 s’ouvre sur un paradoxe. D’un côté, le gel prolongé du point d’indice continue d’éroder le pouvoir d’achat des AESH. De l’autre, une proposition de loi sénatoriale pourrait bouleverser leur statut en les intégrant à la fonction publique. État des lieux d’une situation en suspens.

 

Point d’indice gelé : quel impact ?

 

La valeur du point d’indice reste bloquée à 4,92278 € depuis le 1er juillet 2023. Après les hausses de 3,5 % en juillet 2022 et 1,5 % en juillet 2023, c’est la troisième année consécutive sans revalorisation. Le budget 2026 ne prévoit aucun dégel.

Conséquence directe : avec une inflation cumulée d’environ 8 % sur la période, le traitement réel des AESH a perdu de sa valeur. Selon les organisations syndicales, les grilles auraient perdu environ 11 % de pouvoir d’achat par rapport au SMIC depuis juillet 2010.

Pour les AESH, dont la rémunération frôle déjà le plancher légal, ce gel prolongé accentue la précarité. Sans revalorisation du point, seul l’avancement d’échelon — lent et modeste — permet de voir son salaire progresser.

 

La proposition de loi sénatoriale

 

Une proposition de loi déposée au Sénat le 31 juillet 2025 pourrait changer la donne. Ce texte prévoit la création d’un corps de fonctionnaires d’État de catégorie B pour les AESH — une revendication portée de longue date par les syndicats.

Les principales mesures envisagées :

  • Intégration dans un corps de fonctionnaires de catégorie B (contre un statut de contractuel actuellement)
  • Rémunération sur la base d’un temps plein couvrant le temps scolaire, la pause méridienne, le temps périscolaire et, si besoin, l’internat
  • Formation théorique et pratique préalable à l’entrée en fonction
  • Recrutement par concours avec affectation dans l’académie où il a été passé

 

Pour les AESH actuellement en poste, le texte prévoit :

  • Une validation des acquis de l’expérience (VAE) pour toutes les AESH en fonction au 1er janvier 2026
  • Une CDIsation pour celles qui ne rempliraient pas les conditions d’accès au nouveau corps

 

Calendrier et incertitudes

 

Le texte a été examiné en commission le 17 décembre 2025. Le débat en séance plénière est prévu le 7 janvier 2026. Mais de nombreux points restent à préciser :

  • Quelle sera la nouvelle grille indiciaire de catégorie B ?
  • Quelles seront les obligations réglementaires de service ?
  • Comment seront organisés les concours et les modalités de VAE ?
  • Quid de la mobilité et des règles d’affectation ?

 

Certaines organisations syndicales émettent également des réserves : l’extension des missions au temps périscolaire et à l’internat pourrait, selon elles, dégrader les conditions de travail plutôt que les améliorer.

Par ailleurs, le budget 2026 prévoit seulement 1 200 recrutements d’AESH (contre 2 000 en 2025), alors même que le nombre d’élèves sans accompagnant a augmenté de 35 % entre 2024 et 2025. Une équation difficile à résoudre, quel que soit le statut retenu.

 

Les revendications syndicales

 

Les principales organisations (FSU-SNUipp, SNES-FSU, CGT Éduc’action, SNALC, SGEN-CFDT, SE-Unsa, SUD Éducation) portent des revendications convergentes :

  • Création d’un véritable corps de fonctionnaires de catégorie B
  • Revalorisation salariale avec un minimum à 2 200 € brut (environ 1 870 € net)
  • Référence au temps plein à 24 heures (au lieu de 39 heures actuellement)
  • Grille de progression avec 30 points d’indice entre chaque échelon
  • Extension des primes et indemnités dans les mêmes conditions que les autres personnels
  • Suppression ou réforme des PIAL, jugés responsables de la dégradation des conditions de travail

 

Une grève nationale et des manifestations ont été organisées le 16 décembre 2025 pour porter ces revendications. L’avenir dira si 2026 marquera un tournant pour les 132 000 accompagnantes de l’école inclusive.

 

À retenir

 

Les chiffres clés du salaire AESH en 2026 :

  • 132 000 AESH en France, dont 93 % de femmes
  • 98 % travaillent à temps incomplet (quotité moyenne : 63 %)
  • Point d’indice : 4,92278 € (gelé depuis juillet 2023)
  • Salaire débutant à 62 % : ~910 € nets (hors indemnités), ~970 € nets (avec indemnité de fonction)
  • Salaire fin de carrière à 62 % : ~1 116 € nets (hors indemnités), ~1 179 € nets (avec indemnité de fonction)
  • Salaire débutant à 100 % : ~1 467 € nets (hors indemnités)
  • Salaire fin de carrière à 100 % : ~1 800 € nets (hors indemnités)
  • Indemnité de fonction : 1 529 € brut/an à temps plein (~63 € nets/mois à 62 %)
  • Prime REP : 1 106 € brut/an à temps plein
  • Prime REP+ : jusqu’à 3 711 € brut/an à temps plein
  • CDIsation : après 3 ans de CDD (depuis juillet 2023)
  • Grille : 11 échelons, progression automatique tous les 3 ans
  • Seuil de pauvreté : 1 288 € nets (la majorité des AESH à 62 % restent en dessous)

 

Questions fréquentes sur le salaire AESH

 

Quel est le salaire d’une AESH en 2026 ?

En 2026, le salaire brut d’une AESH varie de 1 826 € (débutante) à 2 240 € (fin de carrière) pour un temps plein, soit environ 1 467 € à 1 800 € nets avant impôt. Mais 98 % des AESH travaillent à temps incomplet : à 62 % (24h/semaine), le salaire net tombe entre 910 € et 1 116 € selon l’échelon.

Quel est le salaire net d’une AESH à 24h par semaine ?

À 24 heures par semaine (quotité de 62 %), une AESH débutante perçoit environ 910 € nets par mois hors indemnités. Avec l’indemnité de fonction, ce montant atteint environ 970 € nets. Après 30 ans de carrière, le salaire net à 62 % plafonne à 1 179 € avec l’indemnité de fonction.

Est-ce que les AESH vont être augmentées en 2026 ?

Non, le point d’indice reste gelé à 4,92278 € en 2026, pour la troisième année consécutive. Seul l’avancement d’échelon (tous les 3 ans) permet une légère progression. Toutefois, une proposition de loi sénatoriale prévoit la fonctionnarisation des AESH en catégorie B : le débat est prévu le 7 janvier 2026.

Les AESH sont-elles payées pendant les vacances d’été ?

Oui. Les AESH sont rémunérées sur 12 mois, y compris pendant les vacances scolaires. Leur contrat annualise le temps de travail sur 41 semaines d’accompagnement, mais le salaire est lissé et versé chaque mois, été compris.

Quel est le temps de travail d’une AESH ?

Le temps complet de référence est de 1 607 heures par an, soit 39 heures par semaine sur 41 semaines. Dans les faits, 98 % des AESH travaillent à temps incomplet, avec une quotité moyenne de 63 %. La plupart des contrats oscillent entre 20 et 26 heures hebdomadaires.

Quel est le statut d’une AESH en CDI ?

Une AESH en CDI reste une agente contractuelle de droit public, et non une fonctionnaire. Depuis le décret du 13 juillet 2023, le CDI est proposé automatiquement après 3 ans de CDD (contre 6 ans auparavant). L’employeur devient alors la DSDEN du département.

Quelle est la différence entre AVS et AESH ?

AVS (auxiliaire de vie scolaire) est l’ancienne appellation, remplacée par AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap) depuis 2014. Les missions sont identiques : accompagner les élèves handicapés dans leur scolarité. Seul le statut a évolué, avec une grille indiciaire et un accès au CDI après 3 ans.

Une AESH peut-elle devenir fonctionnaire ?

Pas encore, mais c’est en discussion. Une proposition de loi sénatoriale déposée le 31 juillet 2025 prévoit la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH. Le texte sera débattu en séance plénière le 7 janvier 2026. Les AESH en poste pourraient y accéder par validation des acquis de l’expérience (VAE).


 

Sources

 

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